Culture

La richesse culturelle des Comores repose essentiellement sur le grand mariage, connu sous l’appellation de « ANDA NA MILA ».

 

Le « Grand Mariage » est la tradition phare des îles Comores, où la pratique de celui-ci s’exprime de manière spectaculaire.

Tous les ans, pendant les mois de juillet/août, les comoriens fêtent les Grands Mariages de leurs proches et parfois se marient si les économies sont suffisamment importantes pour payer l’or, la dot, les agapes et autres. C’est une période de fête et de faste où sont dépensées des sommes considérables qui s’expriment en termes de centaines de milliers d’euros.

Beaucoup de comoriens s’identifient au « Grand Mariage ». Ils y trouvent une forme d’équilibre et d’épanouissement personnel.

On tient à souligner qu’avant son « Grand Mariage », un comorien qui n’est pas pour autant ni très jeune n’a pas le droit de participer à la prise de décisions concernant sa cité ; ni être au premier rang à la mosquée ou à d’autres manifestations publiques. C’est dire combien la tradition est confondue à la politique et à la religion.

En fait, pratiquement tous les jours du mois d’Août le visiteur étranger peut avoir l’occasion d’assister à des cérémonies et danses jamais les mêmes, d’un intérêt exceptionnel.

 

Un exemple d’institution africaine islamisée, dont le rituel (danse) n’a rien de coranique.

 

  • Les cérémonies :

Les cérémonies nuptiales que nous allons décrire se situent au contraire dans le mois qui précède l’entrée du mari dans le foyer nuptial (HUNDJIA DAHONI), et peuvent être considérées comme appartenant au mariage proprement dit.

– Le Madjilise

le Madjilise est la premiére ceremonie religieuse celebré pour annoncer le déroulement du grand mariage au cour de laquelle on répresente la dote oficielle.

-le djaliko :

Débutant sept jours avant l’ultime parcours qui permet l’entrée du mari dans la maison, le djaliko qui signifie « inviter, avertir, prévenir » a eu lieu le vendredi soir. Il réunit les hommes qui forment une colonne au son des tam-tams et des symboles, suivis selon l’ordre hiérarchique traditionnel.

Parallèlement à cette colonne évolue une autre, formée des femmes qui animent la danse par leurs chants à la gloire du fiancé.

-le chigoma cha lanswiri :

Cette danse qui demande du souffle, de la souplesse et beaucoup d’équilibre a eu lieu également le vendredi, après la prière de 15 heures. Les danseurs portent un pagne (Ikoyi), un tricot sans manche (Fulana) et un turban. Ils forment une rangée qui se déplace en exécutant des figures acrobatiques, soit en avançant soit en reculant sur un emplacement d’environ cinq cents mètres carrés délimité par les spectateurs.

-le twarabu :

            C’est le spectacle le plus populaire, le plus attendu, et le plus significatif de tout le Grand Mariage. Il a eu lieu le samedi soir, la veille de l’admission du mari dans la maison nuptiale. Il peut faire intervenir deux à trois orchestres. Chacun dispose d’une période déterminée pour ses prestations avec un avantage pour l’orchestre de la localité.

Regroupant en majorité des hommes, il dure jusqu’à l’aube et peut rapporter des millions de francs qui vont intégralement dans les caisses des associations musicales.

-le zifafa :

Il s’agit à proprement parler de cortège nuptial. Il ne peut démarrer qu’avec l’arrivée du fiancé accompagné de sa mère et de sa sœur et encadré par trois grands notables. Animé par des champs religieux que rythment des tambours et des symboles, le cortège s’arrête devant la porte principale de la mariée. Un grand lettré psalmodie la formule de l’appel à la prière.

C’est lorsque l’appel est terminé que le mari accède à la maison où il doit immédiatement s’acquitter d’une autre prestation : le DJOSA-MINDU (« le lavage de pieds »). Il consiste en une grosse somme d’argent au profit de la famille de l’épouse. L’acte de laver effectivement les pieds du nouveau marié est tombé en désuétude, seul son aspect financier est resté.

Les comoriens ont su garder intacte leurs traditions et surtout, ils aiment célébrer avec faste les grands évènements de la vie : naissances, mariages, funérailles, entre autres.

 

  • L’habillement :

 

L’habillement traditionnel est inextricablement lié aux règles de l’Aanda Na Mila aussi chez les hommes que chez les femmes.

 

  • L’artisanat :

 

L’artisanat est multiple et se manifeste dans tous les domaines. Un millier d’artisans du bois sont constructeurs des pirogues, des petits boutres et surtout sculpteurs de mobilier.

Les meubles de bois sculptés des Comores représentent la spécialité la plus remarquable de l’artisanat Comorien.

L’artisanat touche aussi la broderie, la vannerie, les artisans potiers auxquels s’ajoutent les bijoutiers, orfèvres et ceux qui commencent à travailler les coquillages.

Également les poupées anjouanaises se sont taillé une grande réputation parmi les souvenirs que les touristes aiment ramener des Comores.

Pour renforcer l’artisanat comorien un centre artisanal « La Maison artisanale » a été instauré à Badamadji-Itsandra pour donner beaucoup de visibilité sur l’art des Comores.